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Note de cadrage de projet : le modèle Word à remplir, section par section

Une note de cadrage est le document de deux à quatre pages qui fixe, avant tout développement, le problème à résoudre, les objectifs chiffrés, le périmètre retenu et ce qui en est explicitement exclu.

Page mise à jour le 12 septembre 2026. Modèle relu et remis à jour à chaque millésime.

Couverture de la fiche modèle de note de cadrage de projet, avec un aperçu du document Word

La note de cadrage est le premier document écrit d’un projet. Deux à quatre pages, rédigées avant le cahier des charges, qui tranchent une bonne fois ce qu’on cherche à obtenir, ce qu’on accepte de ne pas faire et à quoi on saura que c’est réussi. Sur une application mobile, c’est le document qui évite la dérive la plus banale du secteur : une version 1 qui embarque quarante écrans parce que personne n’a jamais écrit noir sur blanc lesquels étaient facultatifs.

Ce qu’est une note de cadrage, et ce qu’elle n’est pas

Une note de cadrage répond à quatre questions dans l’ordre : quel problème, pour qui, jusqu’où, et à quelles conditions. Elle tient en deux à quatre pages parce que son intérêt est d’être lue en entier par des gens qui ne lisent pas les documents de vingt pages. Un directeur financier, un responsable d’exploitation, un futur utilisateur : tous doivent pouvoir en sortir avec la même compréhension du projet.

Elle n’est pas une étude d’opportunité, qui pèse plusieurs scénarios avant d’en choisir un. Elle n’est pas non plus un cahier des charges, qui entre dans le détail des écrans, des règles de gestion et des exigences techniques. La note de cadrage se place entre les deux : la décision est prise, on écrit ce sur quoi elle porte avant que quiconque commence à concevoir.

L’ordre habituel d’un projet d’application est le suivant. Une expression de besoin remonte du terrain et décrit un manque. Une note de cadrage transforme ce manque en projet avec un objectif et un périmètre. Un cahier des charges détaille ensuite le comportement attendu, écran par écran. Des user stories découpent ce comportement en éléments livrables. Une roadmap les répartit dans le temps. Sauter la note de cadrage revient à écrire un cahier des charges sans savoir ce qu’on mesurera à l’arrivée.

La différence la plus utile à retenir tient en une phrase : la note de cadrage engage les décideurs, le cahier des charges engage le prestataire. C’est la raison pour laquelle elle se signe, ou au minimum se valide par écrit, avant toute consultation d’agence.

Les huit sections du modèle, et ce qu’on attend dans chacune

Le modèle Word proposé plus bas suit huit sections. Elles ne sont pas décoratives : chacune correspond à une question qu’une agence posera de toute façon lors du premier rendez-vous, et à laquelle il vaut mieux avoir répondu en interne avant.

  • Identification. Nom du projet, commanditaire, sponsor, rédacteur, date, numéro de version. Une note de cadrage vit plusieurs semaines et se modifie : sans numéro de version, deux personnes travaillent sur deux textes différents.
  • Contexte et problème mesuré. La situation actuelle, avec au moins un chiffre issu de vos propres données. Pas « nos clients attendent trop » mais « le temps d’attente moyen mesuré sur trois relevés dépasse onze minutes entre 8 h et 9 h ». Un chiffre transforme une impression en problème.
  • Objectifs. Trois à cinq, jamais douze. Chacun porte une valeur cible, une échéance et le mode de mesure. Un objectif dont personne ne sait dire comment il sera mesuré n’est pas un objectif, c’est une intention.
  • Périmètre et hors périmètre. Ce que le projet couvre, et surtout ce qu’il ne couvre pas. La colonne de droite vaut la colonne de gauche : elle est ce que vous sortirez du tiroir quand une direction demandera d’ajouter un module au troisième mois.
  • Parties prenantes et rôles. Qui décide, qui produit, qui est consulté, qui est informé. Un tableau à quatre colonnes suffit. Le point qui bloque le plus souvent un projet d’application n’est pas technique, c’est l’absence d’un décideur unique sur les arbitrages de périmètre.
  • Contraintes. Budget, délai, contraintes techniques héritées, contraintes réglementaires. Une contrainte non écrite devient un imprévu, et un imprévu se paye en avenant.
  • Risques et parades. Quatre à six lignes suffisent : le risque, sa probabilité, son impact, ce qu’on fait pour le réduire et qui s’en occupe. Un risque sans porteur nommé n’est pas suivi.
  • Jalons et livrables. Les grandes dates et ce qui est livré à chacune. Pas un planning détaillé : cinq à huit jalons, avec ce qui doit exister à chaque fois pour qu’on puisse dire que le jalon est franchi.

Deux sections méritent une attention particulière sur un projet mobile. Les contraintes, d’abord, parce que le mobile en ajoute que les projets web ignorent : versions minimales d’Android et d’iOS à supporter, comptes de publication sur les deux magasins d’applications, délais de validation côté éditeur, matériel de test disponible. Écrire « iOS 16 minimum, Android 10 minimum, comptes développeur au nom de la société » prend une ligne et évite une discussion de deux semaines.

Le hors périmètre, ensuite. C’est la section que les équipes remplissent le plus vite et qui rapporte le plus. Une phrase comme « la version 1 ne gère pas le paiement en ligne, ni les notifications personnalisées, ni le mode hors connexion » ferme trois débats à elle seule. Elle ne dit pas que ces sujets sont abandonnés : elle dit qu’ils ne sont pas dans le lot qu’on va chiffrer maintenant.

Aperçu du modèle Word de note de cadrage : trois sections annotées, contexte mesuré, objectifs chiffrés, périmètre et hors périmètre
Le modèle Word de note de cadrage : chaque section porte sa consigne, ses points à couvrir et sa zone à compléter.

Comment la rédiger en une séance de 90 minutes

La note de cadrage ne se rédige pas seul devant un écran. Elle se construit en atelier, avec les trois ou quatre personnes qui ont réellement voix au chapitre, puis elle se met au propre. La séance tient en une heure et demie si l’ordre du jour est préparé.

  • Quinze minutes sur le problème. Chacun décrit la situation actuelle avec ses propres chiffres. On garde les deux ou trois indicateurs que tout le monde reconnaît.
  • Vingt minutes sur les objectifs. On écrit au tableau, on chiffre, on date, on élimine tout ce qui ne se mesure pas. Trois objectifs tenus valent mieux que huit affichés.
  • Trente minutes sur le périmètre. On liste tout ce qui a été évoqué depuis le début, puis on trie en deux colonnes : dans la version 1, hors version 1. C’est le moment qui fait le plus de bruit, et c’est normal.
  • Quinze minutes sur les contraintes et les risques. Budget plafond, date butoir réelle, dépendances externes, ce qui peut mal tourner.
  • Dix minutes sur les jalons. Cinq à huit dates, avec le livrable associé.

La mise au propre prend ensuite une heure. Le modèle Word est construit pour ça : chaque section porte une consigne de remplissage, les points à couvrir, un exemple rempli sur le cas d’école, et une zone entre crochets à compléter. Vous supprimez les consignes à la fin, vous gardez votre texte, et vous obtenez un document présentable en une matinée.

Une règle pratique à propos du chiffrage : ne mettez pas de budget détaillé dans la note de cadrage. Une enveloppe plafond suffit à cette étape. Le détail poste par poste viendra du devis, et l’annoncer trop tôt revient à donner votre budget à une agence avant qu’elle ait chiffré le travail.

Le document

Les fichiers ci-dessous sont libres d’usage, y compris pour un projet commercial. Ils portent le nom du site en pied de page, rien d’autre : ni logo imposé, ni mention à conserver. Le formulaire plus haut sert à les recevoir par courriel, le téléchargement direct fonctionne sans rien laisser.

Un exemple rempli : le cas fictif Rondo

Voici la note de cadrage du cas d’école fictif qui sert de fil rouge aux cinq ressources de cette rubrique. Rondo est une application inventée pour la démonstration : un réseau de soixante-deux boulangeries indépendantes qui veut proposer la commande à l’avance et une carte de fidélité dématérialisée. Aucun élément ci-dessous ne provient d’un projet réel.

Projet
Rondo, application de commande à l’avance et de fidélité pour un réseau de 62 boulangeries indépendantes (cas fictif)
Problème mesuré
Entre 7 h 30 et 9 h, le temps d’attente moyen relevé sur quatre points de vente dépasse 11 minutes. 1 client sur 5 repart sans acheter. La carte de fidélité papier est présentée dans 12 % des passages seulement.
Objectif 1
Faire passer 15 % des ventes du matin par la commande à l’avance dans les 6 mois suivant la mise en ligne. Mesure : part des tickets marqués « commande app » dans la caisse.
Objectif 2
Porter le taux de présentation de la fidélité de 12 % à 40 % en 9 mois. Mesure : rapport mensuel de la caisse.
Objectif 3
Constituer une base de 20 000 comptes clients actifs en 12 mois. Mesure : comptes ayant ouvert l’application au moins une fois sur 30 jours.
Dans le périmètre
Catalogue par boutique, commande à l’avance avec créneau de retrait, paiement en ligne, carte de fidélité à points, notifications de retrait, back-office boutique.
Hors périmètre v1
Livraison à domicile, abonnement mensuel, personnalisation des produits, programme de parrainage, version tablette pour le comptoir, langues autres que le français.
Contraintes
Enveloppe plafond annoncée en interne. Mise en ligne avant la rentrée de septembre. iOS 16 et Android 10 au minimum. La caisse existante expose une interface de lecture du catalogue, pas d’écriture.
Risque principal
Adhésion des boulangers indépendants. Parade : 6 boutiques pilotes volontaires, avec un référent nommé dans chacune, avant toute généralisation.
Jalons
Cadrage validé, cahier des charges signé, choix du prestataire, maquettes validées, version pilote sur 6 boutiques, ouverture au réseau.

Ce que cet exemple montre, et qui manque dans la plupart des notes de cadrage réelles : chaque objectif porte son mode de mesure, et le hors périmètre est aussi long que le périmètre. Le jour où une boutique demandera la livraison à domicile, la réponse sera écrite depuis le premier jour.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

  1. Des objectifs qui ne se mesurent pas. « Améliorer l’expérience client » ne se mesure pas, donc ne se pilote pas, donc n’arbitre rien. Remplacez chaque objectif par une valeur cible, une date et la source du chiffre. Si vous ne savez pas où le chiffre sera lu, l’objectif n’est pas prêt.
  2. Un périmètre sans hors périmètre. Une note qui ne liste que ce qu’on fait accepte implicitement tout le reste. La colonne des exclusions est celle qui tient le budget, et elle est celle qu’on remplit en dix minutes.
  3. Le budget détaillé écrit trop tôt. Une enveloppe plafond suffit au cadrage. Un budget ventilé poste par poste communiqué avant consultation revient à donner la réponse avant la question, et aligne tous les devis sur le même montant.
  4. Aucun décideur unique nommé. Quand trois directions se partagent les arbitrages de périmètre, chaque question ouverte coûte une semaine. La section des parties prenantes existe pour désigner une personne qui tranche, pas un comité.
  5. Une note figée après la signature. Le périmètre bouge, c’est normal. Ce qui n’est pas normal, c’est qu’il bouge sans trace. Numérotez les versions et datez chaque modification : c’est ce qui fait la différence entre une évolution acceptée et un litige.

Note de cadrage et devis : ce que le prestataire en fait

Une agence qui reçoit une note de cadrage propre chiffre plus vite et plus juste. Elle y lit trois choses : la taille réelle du lot à chiffrer, ce qui est exclu, et les contraintes qui pèsent sur l’architecture. Sans ces éléments, elle applique une marge de sécurité, et cette marge est toujours plus chère que le temps qu’aurait pris la rédaction du document.

C’est aussi le document qui rend les devis comparables. Trois agences qui chiffrent la même note de cadrage produisent trois devis qu’on peut mettre côte à côte. Trois agences qui chiffrent une conversation produisent trois périmètres différents, et la comparaison ne veut plus rien dire.

La suite logique est le cahier des charges, qui reprend le périmètre validé et le décrit écran par écran. Notre guide du cahier des charges d’application mobile détaille cette étape, et la grille de lecture d’un devis d’application mobile explique poste par poste ce que vous devez retrouver en face. Les ordres de grandeur de prix donnent l’enveloppe à annoncer dans la section contraintes.

Les autres modèles de la rubrique

Repères

Les trois documents du début de projet, et leur rôle

Note de cadrage, cahier des charges et expression de besoin : qui répond à quoi
Document Quand La question à laquelle il répond Qui le rédige
Expression de besoin Avant tout De quoi manquons-nous, et qu’est-ce que cela nous coûte ? Le métier, le terrain
Note de cadrage Décision prise Que fait-on, jusqu’où, et comment saura-t-on que c’est réussi ? Le commanditaire avec le sponsor
Cahier des charges Avant consultation Comment le produit doit-il se comporter, écran par écran ? Le chef de projet, souvent avec une agence
User stories Après la signature Que livre-t-on, dans quel ordre, et comment le vérifie-t-on ? L’équipe produit et l’équipe de développement
Schéma de l’enchaînement des documents d’un projet, la note de cadrage mise en avant en deuxième étape
La note de cadrage se place entre l’expression de besoin et le cahier des charges.
FAQ

Note de cadrage : questions fréquentes

Quelle est la différence entre une note de cadrage et un cahier des charges ?

La note de cadrage décide, le cahier des charges décrit. La première tient en deux à quatre pages et fixe le problème, les objectifs chiffrés, le périmètre et les contraintes. Le second entre dans le détail du comportement attendu, écran par écran, et sert de base au chiffrage puis au contrat. On écrit la note de cadrage d’abord, et le cahier des charges reprend le périmètre qu’elle a validé.

Combien de pages doit faire une note de cadrage ?

Deux à quatre pages. Au-delà, elle cesse d’être lue en entier par les personnes qui doivent la valider, et elle commence à empiéter sur le cahier des charges. Si votre texte déborde, le signe est presque toujours le même : vous avez commencé à décrire des fonctionnalités au lieu de fixer un périmètre.

Qui rédige la note de cadrage d’un projet d’application mobile ?

Le commanditaire, c’est-à-dire la personne qui porte le besoin et qui dispose du budget, avec l’appui du sponsor qui arbitre. Une agence peut aider à la mettre en forme, mais elle ne devrait pas l’écrire à votre place : les objectifs chiffrés et le hors périmètre sont des décisions d’entreprise, pas des livrables de prestataire.

Faut-il mettre le budget dans la note de cadrage ?

Une enveloppe plafond, oui, dans la section des contraintes. Un budget ventilé poste par poste, non. À ce stade, le détail n’existe pas encore et le communiquer avant consultation aligne mécaniquement les devis sur le montant annoncé. Le chiffrage détaillé appartient au devis, une fois le cahier des charges écrit.

La note de cadrage se signe-t-elle ?

Elle se valide, et une validation écrite vaut signature. L’objet n’est pas juridique, il est pratique : tant que le commanditaire, le sponsor et le responsable métier n’ont pas donné leur accord sur le périmètre et le hors périmètre, le projet n’a pas de base commune. Numérotez les versions, parce que ce document évolue.

Peut-on modifier la note de cadrage en cours de projet ?

Oui, et c’est même souhaitable quand le contexte change. La seule règle est de laisser une trace : nouveau numéro de version, date, et une ligne qui dit ce qui a changé et pourquoi. Une modification tracée est une décision, une modification silencieuse devient un désaccord trois mois plus tard.

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La rubrique

Les modèles de documents de projet

Expression de besoin, note de cadrage, user stories, matrice de priorisation, roadmap produit : les documents s’enchaînent, et le même cas d’école fictif les traverse tous.

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